Prix de l'Innovation Textile 2013

Théophile Legrand International Award For Textile Innovation 2011

L’équipe lauréate du Prix Théophile Legrand de l’Innovation Textile 2017 : Invention d’une Bioprothèse textile résorbable, pour la reconstruction mammaire

 Julien Payen – 34 ans (Français)

Docteur de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Industries Textiles (ENSAIT)

Direction de la start-up « LATTICE MEDICAL »

Directeur des projets au Pôle UP-tex à Tourcoing et Directeur de la start-Up « LATTICE MEDICAL »

   

Docteur Pierre-Marie Danze – 59 ans (Français)

Docteur de Sciences de la vie et de la Santé à l’Université de Lille I

Direction du Master « Recherche de Biologie Cellulaire »

Biologiste et Co-responsable à la Banque de tissus au CHRU de Lille

 Et l’équipe de chercheurs du CHRU de Lille : Dr. P. Guerreschi : chirurgien plasticien et Dr. A.S. Hatzfeld et P. Marchetti : biologistes

Le traitement chirurgical de pathologies graves comme les cancers aboutit parfois à une ablation importante de la région anatomique envahie. Cette notion est particulièrement bien connue lors de cancers du sein qui nécessitent l’ablation du ou des seins, une opération encore appelée mastectomie.

La perte du sein ou sa déformation altère considérablement l’image corporelle et la perception qu’à la patiente d’elle-même. Pour y remédier, une reconstruction mammaire est proposée. Elle fait partie intégrante de la prise en charge du cancer du sein.

Ce projet propose une solution innovante, originale et utile de reconstruction mammaire à l’aide d’une « bioprothèse textile résorbable ». Il regroupe un ensemble d’innovations qui ont pour but d’aider, grâce à une prothèse textile résorbable, l’organisme à reconstruire des régions lésées suite à des interventions chirurgicales curatives.

Différentes matrices textiles ont été mises en œuvre à partir de la technologie de fabrication Dentelles Leavers (appellation dentelle de Calais) en utilisant un matériau bio-résorbable (le Polyglycolide S). Ce polymère a été choisi pour sa durée de résorption de 6 à 12 mois et sa capacité à être filé par voie fondue, afin d’obtenir les fils nécessaires à la fabrication des dentelles. Le filage des filaments est effectué au Centre Européen des Textiles Innovants (CETI) à Tourcoing. 

Cette ”auto-réparation” se fait grâce au prélèvement autologue de cellules graisseuses (tissus adipeux propre au patient) réimplantées sur/dans une structure textile synthétique et résorbable. La prothèse textile a un rôle de maintien, d’aide à la multiplication rapide des cellules graisseuses implantées et doit permettre la vascularisation optimale. Le caractère résorbable permet d’éviter une intervention secondaire pour ablation.

A terme, les patientes ayant bénéficié de ce traitement auront, grâce à une prothèse textile résorbable et donc transitoire, naturellement reconstruit leur sein à l’aide de leurs propres cellules adipeuses. Ces nouvelles prothèses résorbables sont formées d’une coque résorbable assurant le volume final à combler et d’une armature  en « dentelle » résorbable, dont les caractéristiques favorisent la croissance et la vascularisation cellulaire

Ces recherches ont abouti à la création de bioprothèses résorbables alliant un support textile (coque et armature) de guide et vascularisation du tissu graisseux permettant de remplir un volume adapté à la forme à reconstruire qui pourra être imprimé en 3D.

Ces bioprothèses ont été testées sur des rats et des porcs. Ils garantissent une reconstruction complète du volume en l’espace de 90 jours et une résorption de la prothèse en quatre mois. Ces tests prouvent qu’il est donc possible de reconstruire un sein à partir d’un prélèvement autologue et à l’aide de biomatériaux résorbables.

Cette prothèse a fait l’objet d’une demande de brevet : FR1670642. Ces travaux seront valorisés via la start-up : LATTICE MEDICAL. Elle a pour objectif de fabriquer et de commercialiser la prothèse. D’autres applications potentielles (esthétiques, facials…) seront développées par la suite.